Il faut tout un monde pour éduquer le citoyen du village planétaire

Les conditions a priori de l'émancipation économique sociale et politique de l'Afrique

Malgré les multiples formes de la résistance souvent victorieuse (les indépendances) à la domination externe étrangère pourquoi la domination et l’oppression se perpétuent-elles en Afrique ?
L’émancipation économique, politique et sociale est-elle possible ?
Quelles en sont les conditions a priori ?
Quelles sont les conditions de possibilité du saut qualitatif, du take-off ?
Faut-il penser, qu’au-delà du chaos apparent actuel, les développements et mutations en cours en Afrique annoncent sur la longue durée la formation d’entités politiques et économiques inédites ?

Il faut analyser d’un point de vue philosophique le problème de l’échec du projet de reconstruction et de développement des Etats indépendants d’Afrique en réfléchissant philosophiquement sur l’aliénation, la déstructuration personnelle et les conditions qui permettent de sortir de cette crise de l’individualité.
Car à bien des égards la problématique de la reconstruction et du développement économique sociale et politique africain est celle de la reconstruction d’une individualité désintégrée et déracinée.
Mise en évidence de l’historicité du monde africain et du rôle de la décision transcendantale politique qui a toujours, de l’antiquité à l’âge moderne (exemple révolution française, russe, chinoise etc.) renversé le cours de l’histoire dans l’humanité.
Rôle des élites, Rôle de l’éducation, Rôle de l’exemplarité et de la médiation. Mise en évidence du problème humain par delà les déterminismes (la traite des noirs, la colonisation, l’exploitation néocoloniale).
Souligner le rôle actif des africains en tant sujets à part entière de leur histoire (souligner la créativité économique sociale et politique des peuples , souligner le rôle actif des élites traditionnelles et modernes dans les différentes phases de leur histoire ; souligner leur rôle actif durant la traite négrière, la colonisation, les indépendances, la période postindépendance et la période actuelle du libéralisme et néolibéralisme mondialisé.

Existence donc d’une autonomie irréductible de l’Africain au cours des différentes phases de son histoire ; existence d’une force endogène d’action qui est obscurcie et occultée par les discours et les pratiques d’extraversion ; force dont il faut prendre conscience, qui peut servir à l’aliénation de soi ou l’émancipation.
Surmonter la culture de la passivité et de la conscience victimaire (qui servent bien souvent à dissimuler ce qu’on se fait à soi-même, et se décharger de sa responsabilité).
Même contrainte, la servitude est toujours volontaire. On se libère toujours en se libérant d’abord de soi-même. L’ennemi le plus implacable est l’ennemi intérieur.


Déterminer les causes secondaires et par delà ces causes le principe endogène ultime de l’aliénation pour rendre l’action possible : (En occident après le stoïcisme qui introduit la culture de l’intériorité et établit la prise de conscience la souveraineté de la raison, c’est une critique de la raison, une découverte de sa corruption essentielle et de ses limites qui fondent la possibilité du progrès ; Il faut donc dévoiler les causes endogènes, intérieures de l’aliénation africaine pour surmonter la répétition des conduites d’échec) La connaissance des causes endogènes est une amorce de libération. Les causes exogènes sont connues et clairement identifiées. Les causes endogènes le sont moins. Elles sont obscures et confuses.

Comment surmonter les vieux démons de la politique du ventre ( JF Bayart) et de l’autocratie militaire ?
Quelle force occulte parvient à transformer le multipartisme en farce et les élections en un moyen de conservation illégitime du pouvoir ?
Comment vaincre cette force ?

Ce qui intéresse notre sujet c’est donc l’iniquité politique, la corruption, la volonté de domination irrépressible, l’ubris politique, la démesure de l’intérêt personnel autrement dit le problème humain souvent occulté par le problème du déterminisme historique :
Au delà des déterminismes historiques, des contraintes matérielles expliquant l'aliénation de l'Afrique, faire ressortir le rôle des passions individuelles, désirs, et décisions des africains en tant qu’individualités, ou collectivité agissantes, en bref de leur responsabilité, dans la structuration de leur histoire.
Prise en considération de la manière de penser qui détermine la manière d’agir ;
Prise en considération des actions de l’Africain en tant sujet à par entière de l’histoire. Il faut tenir compte des mentalités  des décisions personnelles et stratégies pouvant réduire, annuler ou inverser une dynamique.
Des révoltes paysannes de masses durant l’époque de la colonisation, aux luttes syndicales et politiques qui ont conduit aux indépendances nationales et à l’émancipation, pourquoi la continuité de la résistance africaine à l’oppression a engendré à l’époque des indépendances et aujourd’hui en Afrique un asservissement endogène et une domination néocoloniale ?
Après la période de la contrainte coloniale peut-on parler d’un consentement à la domination aux indépendances et d’une élection de l’asservissement comme principe politique ? grande afrique
Saisir la machinerie sociale et politique endogène cachée qui s’est mise en place, qui génère et reproduit depuis des siècles, les conduites d’échec.
Pourquoi le déterminisme ne parvient pas à faire progresser l’ordre des choses dans le sens de la résolution dialectique des contradictions ?
Pourquoi le saut qualitatif ne parvient-il pas à s’effectuer lorsque le concours des circonstances devient favorable ?
On peut raisonnablement penser qu’une évolution des structures politiques et économiques est inéluctablement en cours en Afrique malgré les crispations et les résistances. Mais ne s’agit-il pas simplement d’une restructuration et d’un réajustement de la domination ?
La même force cachée qui reconduit les principes de l’asservissement à travers le changement des époques et des structures n’est-elle pas en train d’opérer une nouvelle mue ? Il s’agit donc déterminer la source de cette force d’inertie (la vis inertiae) et voir comment elle peut être surmontée. Seul un acte volontaire peut enrayer et briser les mécanismes enclenchés depuis l’esclavage et la colonisation. Exemple d’inertie : l’exigence de transformations politiques initiées de l’extérieur (le multipartisme) que les forces endogènes (les partis au pouvoir) réduisent à néant en s’autorisant de la légitimité, après une réélection obtenue bien souvent la fraude électorale, pour briser par la répression sanglante les contestations qui suivent les élections truquées.