Il faut tout un monde pour éduquer le citoyen du village planétaire

e-jumelages éducatifs francophones du réseau Apréli@  

1. Description sommaire

Le projet vise à mettre à disposition des écoles, instituts de formation d’enseignants, collectivités locales, un ensemble de ressources numériques pour mener des activités pédagogiques entre classes africaines de différents pays, dans un esprit d’intégration africaine, et également entre classes africaines et classes d’autres régions du monde.
L’élaboration du guide repose sur la co-construction de ressources et de scenarii pédagogiques, dans l'esprit et la démarche du Libre, entre enseignants et formateurs français et africains.
Construit sur un modèle socio-constructiviste, il s'appuie sur la solidarité enseignante et le co-développement professionnel entre pairs sur ce qui constitue le cœur de l'exercice professionnel, à savoir la qualité des apprentissages scolaires, dans le contexte de l'échange culturel et de la citoyenneté globale.
La production des ressources et le déroulement des activités scolaires associent également la communauté de l’école : élèves, parents, membres de comités de gestion, élus locaux, autorités scolaires, partenaires techniques et financiers.
Le « e-jumelage » prend également la forme d'une communication directe entre classes, à l'aide des outils numériques, permettant aux élèves de participer à des activités communes en mode synchrone et asynchrone.
Menée comme une recherche-action, sa phase-pilote est observée par la recherche africaine en intégration pédagogique des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) dans un objectif de modélisation, transposition et adaptation.

2. Démarche et objectifs

Le projet e-jumelages d’Apréli@ entend renouveler, dynamiser et accroître l’impact des jumelages scolaires, tant sur le plan éducatif que citoyen, dans le village planétaire à terme interconnecté et interdépendant.
S’inscrivant dans une démarche de changement systémique, il vise à en créer un modèle durable, construit en faisant jouer la coopération décentralisée entre municipalités, pour appropriation par les municipalités africaines ; elles pourront également les utiliser pour faciliter des échanges entre écoles et villes africaines, dans une perspective d’intégration interafricaine.La pédagogie mise en œuvre dans le dispositif pédagogique des e-jumelages vise d’une part à placer l’enfant en position d’acteur, de producteur de savoirs, d’ambassadeur de son école et de la communauté autour de l’école, ainsi que de citoyen du village global, et d’autre part de faciliter le changement de posture pédagogique du maître de la position de détenteur et transmetteur de savoirs vers celle de guide et de médiateur des savoirs.
Le projet vise également le renforcement des capacités pédagogiques et didactiques des maîtres, et l’acquisition de nouvelles compétences (alphabétisation numérique et intégration pédagogique des TIC).

Par ailleurs, les scenarii mis en œuvre permettront à l’élève, outre le renforcement des connaissances et compétences scolaires et l’acquisition de compétences TICE, d’acquérir de nouvelles compétences dont les capacités à communiquer, échanger, s’ouvrir à d’autres contextes et cultures (acquisition de nouveaux savoir-faire, savoir-être, savoir interagir, savoir collaborer, savoir devenir.)
Le projet entend donc favoriser des attitudes de partage, de coopération, d’entraide et de solidarité, c’est -à-dire une transformation individuelle et sociale gage de développement humain et social durable. Basé sur l’échange interculturel, il permettra également une meilleure visibilité des ressources numériques africaines, valorisant ainsi le patrimoine culturel, linguistique et spirituel africain.

3. Modèle pédagogique

Le modèle pédagogique des e-jumelages reflète l’ inscription dans un territoire, en partant du plus proche et du mieux connu pour aller vers le plus lointain et découvrir l’Autre, dans un double mouvement de décentration mais aussi de centration et de réflexion sur soi-même.

Le modèle consiste, en effet, à produire un carnet de voyage numérique sur la ville de ses partenaires. Pour y parvenir, chaque classe aura besoin de solliciter la classe partenaire pour recueillir des informations sur elle-même, son école, son quartier, sa ville, sa région, son pays, puis de les traiter, les organiser et les mettre en forme. Pour le recueil des informations, les élèves devront avoir recours à des personnes –ressources diverses, telles que les parents et les élus locaux. La production finale, le carnet de voyage numérique, sera mise en ligne sur le site des municipalités partenaires, et sera le reflet d’un travail collaboratif impliquant l’école et ses partenaires.
Pour réaliser le carnet de voyage, les élèves devront mener de front deux types d’activité :
- rechercher des informations sur leur environnement, dont des éléments de contexte culturel, les organiser, les mettre en forme, les envoyer aux partenaires
-comprendre, organiser, mettre en forme les informations reçues par les partenaires ; au besoin, demander aux partenaires des informations complémentaires.

4. Le carnet de voyage

Il se compose du module de démarrage « Qui est qui ?», suivi de chapitres dont le nombre et le thème seront choisis par les classes e-jumelées. Il est en ligne sur le wiki http://wiki.aprelia.org/tiki-index.php

Chapitres proposés:
La classe, l'école
Jeux pendant la récréation, à la maison, dans le quartier

Plats préférés
Autour de l' école

Les fêtes de l'école, du quartier, du village, de la ville, de la région, du pays
L' école et ses partenaires

Des petites bêtes bien embêtantes

Remarque : Il est suggéré de mettre en lien les activités avec les objectifs du millénaire, comme : Lutter contre les maladies, préserver l’environnement, lutter contre la faim, assurer l'éducation primaire pour tous, promouvoir l'égalité des genres et l'autonomisation des femmes.

5. Le calendrier

Pendant le 1er trimestre de l'année scolaire 2011-2012, les classes pionnières pourront se consacrer à la réalisation du module de démarrage des e-échanges, « Qui est qui ? ». Ce module invite les élèves à se présenter par texte et par photo numérique, et à découvrir les élèves de la classe partenaire en formant les paires description/photos.

Cette phase-pilote est accompagnée par les équipes locales d’Apréli@, et sera évaluée en janvier 2012. Les résultats de l’évaluation, et les enseignements tirés, seront diffusés et pris en compte pour le 2ème trimestre de l’année 2011-2012.

Les premiers résultats seront mis en partage lors de la triennale ADEA de l’Education et de la Formation, en février 2012, à Ouagadougou, puis à la prochaine conférence e-Learning Africa (mai 2012, Cotonou, Bénin).

Dans cet objectif, un comité technique Apréli@/<a< a=""> target="_blank" href="http://www.confemen.org/" >CONFEMEN a été constitué en juin 2011 ; il veille a à ce que les résultats de la phase-pilote contribuent de façon efficiente aux réflexions de la triennale, en tant qu’initiative africaine visant à définir et implémenter un usage des TICE adapté aux besoins éducationnels africains.

L'année 2012-2013 sera une phase d’expansion du projet, impliquant un plus grand nombre d'établissements scolaires et de pays, en ciblant prioritairement Madagascar et la Côte d’Ivoire.

 

Note : 

Les e-jumelages ont été lancés lors d’un atelier international tenu à Dakar en avril 2011 à la FASTEF (Faculté des Sciences et Technologies de l’Education et de la Formation, ex-ENS).
Placé sous le patronage du Président en exercice de la CONFEMEN, cet atelier a réuni des enseignants, des formateurs d’enseignants, des chercheurs en éducation, des responsables pédagogiques et administratifs, des élus locaux, des représentants des parents d’élèves, des comités de gestion des écoles, des partenaires nationaux et internationaux.
Ensemble, ils ont co-élaboré le modèle pédagogique des e-jumelages et produit les 1ères ressources et réfléchi sur un ensemble de questions relatives au pilotage du projet, ce qui leur a permis de concevoir les outils et méthodes appropriés de collaboration, de suivi accompagnement, de formation et d’évaluation, ainsi qu’une stratégie d’appropriation des TIC.